les normaux  

Parution septembre 2015, traduction de Jean-Luc Piningre

 

 

La quatrième de couv' New York, 1999. Billy Schine cultive l'art du détachement. Tandis que ses camarades se font des millions à Wall Street, lui met un point d'honneur à collectionner les petits boulots. Il pourrait continuer comme ça longtemps si un dénommé Ragnar, de la société de recouvrement Ragnar & Sons, ne lui enjoignait fermement de rembourser son prêt étudiant dans les meilleurs délais.
Une solution : la fuite. C'est alors que la Providence met sur son chemin une société pharmaceutique qui recherche des personnes "normales" pour des tests rémunérés. A l'idée de passer deux semaines nourri, blanchi et bien à l'abri de Ragnar, Billy est enchanté. D'autant qu'il ne tarde pas à se faire des camarades : Lannigan, acteur quasi shakespearien, gay par intermittence ; Do, vrai névropathe, désespérément vierge ; ou encore Gretchen, l'obsédée de la météo... Hélas ! A mesure qu'apparaissent les effets secondaires, d'étranges événements vont venir secouer le petit monde des "normaux".
 (Livraddict)   

 

L'histoire/Le sujet : Quand Billy s'engage comme cobaye pour une société pharmaceutique, c'est plutôt par dépit et par fuite que par conviction. S'éloigner de New York, et gagner de l'argent facilement, voilà qui est motivant. Mais se retrouver enfermé avec  de nombreux congénères, et passer ses journées à les observer peut aussi entraîner des effets secondaires ...    

Le style :  Particulier, mais je l'ai trouvé très agréable. Un vocabulaire assez recherché, des tournures qui sont le fruit d'un humour littéraire très fin, un rythme, qui bien qu'assez lent, se laisse couler tranquillement. J'ai beaucoup apprécié.    

 Et la couverture alors ?  Cet oiseau me perturbe, mais cela reflète l'esprit du roman. 

 En conclusion ? La lecture de ce roman a été une agréable surprise pour moi . Le sujet me semblait intéressant, et pouvait se rapprocher d'autres livres sur le thème que j'ai pu lire. Mais l'angle d'attaque de l'auteur est très différent. Très contemplatif, on pourrait être déstabilisé par la lenteur du récit. Mais il reflète aussi bien la nonchalance de Billy, et le temps qui ne s'écoule que minutes après minutes au sein du laboratoire. Les observations sont fines, les liens qui se nouent ou non sont ténus et on se délecte à chaque chapitre. 
L'écriture de l'auteur amène beaucoup, car elle est pleine d'un humour très caustique. Cela se retranscrit aussi bien dans les actes des personnages que dans les tournures et le vocabulaire, riche et enrichissant.
Même s'il ne semble pas se passer énormément de chose au fil du récit, on se laisse prendre car on suit avec délectation les péripéties mineures des personnages dans un huit-clos assez sinistre en soi. Ce roman long et dense ne se laisse pas abandonner, et jusqu'au bout nous tient, même si on ne s'attend pas à une apothéose au final. 
Bref, cet ouvrage a été une belle découverte pour moi. Il répondait à la fois à ce que j'attendais, mais dans un style particulier que j'ai découvert avec plaisir. Sans être un gros coup de coeur, il m'a assez plu pour que j'ai envie de lire d'autres écrits de David Gilbert. A suivre, donc ... 

 Pourquoi ce livre ?  Grâce à une opération Masse Critique de Babelio. Merci donc à l'équipe et à l'éditeur, Acte Sud.    

 

Les normaux par David Gilbert
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