L'histoire :  Marion Crane en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l'entend. Son travail ne la passionne plus, son amant ne peut l'épouser car il doit verser une énorme pension alimentaire le laissant sans le sou... Mais un beau jour, son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque. La tentation est trop grande, et Marion s'enfuit avec l'argent.

Très vite la panique commence à se faire sentir. Partagée entre l'angoisse de se faire prendre et l'excitation de mener une nouvelle vie, Marion roule vers une destination qu'elle n'atteindra jamais. La pluie est battante, la jeune femme s'arrête près d'un motel, tenu par un sympathique gérant nommé Norman Bates, mais qui doit supporter le caractère possessif de sa mère.
Après un copieux repas avec Norman, Marion prend toutes ses précautions afin de dissimuler l'argent. Pour se délasser de cette journée, elle prend une douche... (Allocine.fr)

Joie de revoir, une fois de plus, ce grand et excellent classique !

L'histoire, on ne la raconte plus. Marion Crane qui s'enfuit avec l'argent confié par son patron, qui s'arrête dans un motel isolé pour se reposer... La suite, la douche, l'enquête... On connait.

Ce long métrage est clairement construit en deux parties : la fuite de Marion, puis l'enquête.

Dans la première partie, tout est fait pour créer une ambiance où l'angoisse monte progressivement.

Les personnages d'abord... Marion est avec son amant, puis sa collègue, son patron, un client lourdeau.... Puis les personnes suivantes qu'elle croise sont un policier patibulaire, un vendeur de voiture, et Bates (et "sa mère")... Une certaine descente aux enfers dans le relationnel, même si elle ne le sait pas.

La météo ensuite : d'une journée ensoleillée, on arrive à une pluie battante, qui dure, qui l'oblige à s'arrêter dans ce motel de malheur...

Le décor : de la grande ville agitée et rassurante, elle prend semble-t-il des grands axes, mais se retrouve à devoir quitter la grande route pour se retrouver isolée, à quelques kilomètres de son objectif. Le motel, avec son accueil, sa chambre accueillante, et cette grande demeure sinistre en haut de la colline... La pièce étrange derrière l'accueil... 

Et la musique bien sur : le thème principal, comme un letmotiv, qui suit sa fuite. Et celui tout aussi connu de la scène de la douche. Et là, on atteint un "climax" comme "on dit aux US"...

 

S'ouvre alors la seconde partie du film, où il s'agira pour le détective et la soeur de Marion de retrouver la fugitive. Dans cette partie, l'ambiance reste tendue tout le long, car très vite, l'attention est portée sur Bates et son motel. Reste à prouver que Marion y est passée. Les scènes dans le manoir sont très fortes, encore une fois accentuées par la musique, des images "flash" (les animaux empaillés, le rocking-chair), des dialogues peu nombreux mais angoissants. Tout cela dans l'obscurité bien sur, pour renforcer ce sentiment. Même si on connait la fin, le film nous emmene vers son dénouement sans un répis.

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Un film que je ne me lasse pas de redécouvrir tant il est bien construit. Et même si j'en connais la chute par coeur, je me laisse toujours prendre au jeu du maître Alfred Hitchcock...