La France a toujours vécu d'une tension entre l'esprit national et le génie des pays qui la composent, entre l'universel et le particulier. Mona Ozouf se souvient l'avoir ressentie et intériorisée au cours d'une enfance bretonne. Dans un territoire exigu et clos, entre école, église et maison, il fallait vivre avec trois lots de croyances disparates, souvent antagonistes. A la maison, tout parlait de l'appartenance à la Bretagne ? L'école, elle, au nom de l'universelle patrie des droits de l'homme professait l'indifférence aux identités locales. Quant à l'Eglise, la foi qu'elle enseignait contredisait celle de l'école comme celle de la maison. En faisant revivre ces croyances désaccordées, Mona Ozouf retrouve des questions qui n'ont rien perdu de leur acuité. Pourquoi la France s'est-elle montrée aussi rétive à accepter une pluralité toujours ressentie comme une menace ? Faut-il nécessairement opposer un républicanisme passionnément attaché à l'universel et des particularismes invariablement jugés rétrogrades ? A quelles conditions combiner les attachements particuliers et l'exigence de l'universel ? En d'autres termes, comment vivre heureusement la " composition française " ? (Amazon.fr)

 

 

J’ai eu de nombreuses fois l’occasion de croiser les écrits de Mona Ozouf lors de mes études, et j’avais beaucoup apprécié à l’époque. Quand j’ai vu son nom apparaitre lors d’un partenariat Livraddict, et que j’ai lu le résumé, je me suis tout de suite dit que ce livre devrait me plaire. Et cela a été le cas.

Au cours de cet ouvrage, l’auteur revient sur son enfance bretonne, comme l’indique le sous-titre. De sa vie d’orpheline de père (et pas n’importe quel père) à sa formation d’enseignante, elle raconte, explique et analyse les étapes, les enjeux et les conséquences de cette enfance entre sa mère et sa grand-mère.

Il faut bien noter que ce livre n’est pas un roman, mais un témoignage, un travail à la fois historique et sociologique. J’ai trouvé certains passages assez longs, me rappelant justement mes lectures universitaires. Toute la première partie, sur le père de Mona Ozouf, Jean Sohier, et qui explique son attachement et sa lutte pour la cause bretonne, n’est pas celle qui m’a le plus passionnée. Non que je ne m’intéresse pas au régionalisme, ou que cela m’indiffère, loin de là. J’ai appris ici beaucoup de choses que j’ignorais. Mais j’ai peu de goût pour l’histoire politique en général, et de fait, j’ai du mal à suivre ou m’intéresser longtemps. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir les chapitres présentant les grands parents, la vie très pauvre qu’ils vivaient. Tout l’aspect sociologique m’a passionné, en particulier le parcours de la mère de Mona, sa rencontre avec son père, et les sacrifices qu’elle semble faire après son décès pour élever sa fille. En temps qu’enseignante, cela m’a donné des éclairages sur l’évolution de certains point de vue, de certaines pratiques. La dernière partie m’a un peu moins plu malheureusement, même si elle vient conclure logiquement le parcours présenté ici.

J’ai donc eu une lecture en demi teinte, mais ceci est certainement dû à mes goûts plus qu’à la qualité du texte, riche mais abordable, sans grandes formules qui risquent de perdre un novice en histoire…. C’est avec plaisir tout de même que j’ai renoué avec un type d’ouvrage me rappelant mes années d’université.

Merci encore à Livraddict et aux éditions Folio pour ce partenariat, et toutes mes excuses pour le retard avec lequel je présente ce billet.

 

 

Ce billet sera également le premier du challenge : 

  1er livre !