J'ai relu avec grand plaisir ce volume comportant 4 nouvelles (quasiment quatre romans, vu la longueur de chacune...), dans le cadre d'une lecture commune pour le Challenge Stephen King...

Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank (le printemps).

Cette nouvelle est contée par un prisonnier. Il relate la longue peine de son ami, le déroulement de celle-ci, et surtout, surtout, la façon dont il réussit très ingénieusement à s'évader.
Le livre que j'ai entre les mains est "estampillé" EPOUVANTE (c'est une édition jaunie de 1989). Comme j'écris ce commentaire avant d'avoir lu les autres nouvelles, cela me laisse très perplexe. Cette nouvelle est loin de donner le frisson. L'écriture fluide du Stephen King de la grande époque, même s'il prête sa plume à un prisonnier, est très agréable à lire. Je n'avais plus l'effet de surprise car il s'agit pour moi d'une seconde lecture. Et je pense que même lors d'une découverte, on se doute un peu de ce que peu cacher le portait de Rita Hayworth (et les suivants). Pourtant, les personnages sont très attachants, ou très exaspérants, et on a vraiment envie d'aller au bout, de savoir comment tout cela va finir. Et j'avoue, je ne me souvenais plus de la chute... Une bonne nouvelle de Stephen King.
Elle a été adapté en 1994 par Frank Darabont, avec Tim Robbins et Morgan Freeman. Dans mon souvenir, une bonne adaptation ... Il faudrait que je la revois.

Un élève doué (l'été)

Un jeune adolescent de 13 ans retrouve, par hasard, un criminel de guerre nazi caché aux Etats Unis dans les années 70. Il le fera chanter pour obtenir les plus vils détails de ses crimes, dont il se délecte avec un plaisir malsain... Petit à petit, tout va basculer vers le glauque, vers le sordide, et le jeune homme et le vieillard vont devenir dépendant l'un de l'autre au plus noir de l'horreur.
Pour le coup, je pourrai mettre cette nouvelle dans la catégorie EPOUVANTE. Par les détails qu'elle donne sur les camps et les tortures qui y ont été perpétrées. Par l'aspect malsain de l'adolescent et son basculement vers la pure folie meurtrière. Par le final qui rappel malheureusement au combien d'évènements tragiques récents... L'épouvante au quotidien, rien de surnaturel, juste de l'horrible...
C'est une nouvelle très dure, dérangeante par bien des côtés. Mais on a envie de savoir. Savoir comment tout cela peut finir. Savoir si enfin quelqu'un va pouvoir y mettre un terme. Savoir si les parents de cet élève si doué vont enfin voir.... Une lecture aussi dérangeante que prenante. 
La nouvelle a été adapté en 1997 par Bryan Singer, avec Ian Mc Kellen et Brad Renfro. Je ne me souviens pas vraiment du film, que j'ai vu il y a un long moment. Mais à la lecture du synopsis, plusieurs choses ont été changées quand à la trame de départ (l'âge de l'ado, les circonstances de sa découverte), et de ce que j'ai revu de la bande annonce, j'ai l'impression que l'on est plus dans le démonstratif que le subjectif... A revoir ?

  Deux affiches du même film, qui franchement ne disent pas la même chose !

Le corps (automne)

Un groupe de copains, de 12-13 ans, de la classe plus que moyenne d'une petite bourgade perdue (du Maine, évidemment !), décide d'aller à la recherche du corps d'un autre gamin décédé le long de la voie ferrée, à une trentaine de kilomètres de là. Ce qui implique longer la voie, marcher sous un soleil écrasant, camper dans la forêt... et voir ce corps...
Le portrait de ces enfants des années soixantes, qui se retrouvent et se lient dans une certaine adversité, est très bien rendu. Aucun n'est épargné par les difficultés. Ils se lancent dans cette aventure, et prouvent par là le désintérêt de leurs familles pour eux, pour des raisons différentes. L'aventure en elle-même est parsemée d'embûches, du soleil aux bruits de la forêt la nuit, du train qui passe à la bande de grands dadais méchants...En parallèle de cette quête, le narrateur, l'un des enfants, devenu adulte - et écrivain - intègre certaines de ses pensées. Et deux ou trois de ses nouvelles. La première fois, cela surprend un peu, cette impression de sauter du coq à l'âne. Et puis on s'y fait. On s'y fait très bien car les deux histoires finissent par se rejoindre.
Une bonne nouvelle, assez terrible mais pas épouvantable.
Adaptée en 1986 sous le titre Stand by me, par Rob Reiner, avec Richard Dreyfuss, River Phoenix, Corey Feldman. Encore une adaptation qui m'a laissé un très bon souvenir, mais que je n'ai pas vu depuis très très longtemps. Ce qui est terrible, c'est que j'ai eu la chanson en tête pendant tout le temps où j'ai lu cette nouvelle...et là encore, elle se cache dans un coin de mon cerveau, je l'entends...

 

La méthode respiratoire (hiver)

Dernière, et plus courte nouvelle de ce recueil (elle a réellement un format de nouvelle).

Un vieil homme est invité par l'un de ses supérieurs à intégrer un mystérieux club, qui se réunit une fois par mois, et où certains racontent régulièrement de terribles histoires. Un club où tout semble venu d'un monde à part, jusqu'au majordome. L'apothéose chaque année est l'histoire de Noël. Celle qui est contée ici est réellement terrible !

En relisant cette nouvelle, en deux parties distinctes (le club, la méthode respiratoire), la chute m'est revenue en mémoire, tellement celle-ci marque. Cette courte nouvelle est un peu une cerise rouge sang sur le gâteau horrifique de ce recueil, pour le clore vite, mais bien.
A ma connaissance, elle n'a pas été adaptée.

Ce très gros volume du maître est l'un des meilleurs que j'ai lu à ce jour. (mais ne détrône pour moi ni Ça, ni le Fléau).  Chaque nouvelle nous entraîne dans un univers différent, même si de petites passerelles sont lancées entre chaque, et nous tient en haleine de bout en bout. J'ai beaucoup apprécié de le relire !

Puisqu'il s'agit d'une lecture commune, d'autres avis devraient fleurir, par exemple chez Mystix.

Le lien du Challenge est sous le clown...