Petite soirée ciné, grand film hier soir...

  L'histoire d'une jeune fille assassinée qui, depuis l'au-delà, observe sa famille sous le choc de sa disparition et surveille son meurtrier, ainsi que la progression de l'enquête...(Allociné)

Peter Jackson, c'est bien sûr The Lord of the ring... Trois films de légende...C'est aussi King Kong, un film plus controversé, mais que j'ai personnellement beaucoup aimé... Mais c'est aussi BadTaste, Braindead, ou Creatures Célestes... Créatures célestes justement... Pour moi, Lovely Bones se rapproche (de loin quand même) de ce film dans l'ensemble des oeuvres du hobbit Néo Zelandais...

Je n'ai pas lu La nostalgie de l'ange, dont ce film est l'adaptation. Ce fut donc pour moi une parfaite découverte. J'avais vaguement entendu le synopsis, mais sans y prêter attention, car souhaitant garder la surprise. J'ai apprécié.

Un film de meurtrier (pédophile de surcroît), vu du point de vue de la victime...morte. Voilà une histoire originale. Qui aurait pu être traitée très lourdement, de façon très glauque. J'ai trouvé à l'inverse que ce film est plein de poésie, de légèreté. Attention, je risque de spoiler.

Il y a en fait trois univers dans ce film.
La famille de Suzie tout d'abord. Le père est interprété par Mark Wahlberg, excellent. Attendrissant dans ses rapports avec ses enfants. Touchant dans sa recherche désespérée du meurtrier de sa fille. Très bon jeu pour monsieur "Entourage"... Susan Sarandon est une grand mère assez fun, alcoolique mais pleine de bon sens, qui sera le pilier de la famille après la disparition de Suzie. Une séquence vraiment drôle marque son installation chez les Salmon. Les deux jeunes actrices qui jouent les deux soeurs Salmon ont un très bon jeu également. Saoirse Ronan (Suzie) me fait penser à Sylvie Testud... Ne me demandez pas pourquoi... Bref, une famille heureuse dans le début des années 70 (superbe déco et costumes 70 qui nous y plongent sans hésitation !), avant que ce drame viennent quasiment la détruire.

L'enquête policière ensuite... Le meurtrier est interprété par un acteur dont j'ignorai le nom, mais que j'avais vu plusieurs fois déjà... Mais honnêtement, je ne l'aurai pas reconnu. Stanley Tucci (Le diable s'habille en Prada, mais aussi quelques épisodes d'Urgences) est un voisin taciturne et inquiétant, passant son temps (chronométré), à construire des maisons de poupées, ou faire d'étranges plans... Et il y a de quoi s'inquiéter... Le policier qui enquêtera et sera en lien avec le père de Suzie est joué par Michael Imperioli (le neveu de Toni Soprano, Chris).

Le troisième "univers" de ce film est bien sur "l'entre deux". Ce "monde" où se retrouvera Suzie après sa mort, et d'où elle pourra observer sa famille, son meurtrier, deux de ses amis (Ruth et Ray, avec qui elle peut "communiquer"). C'est dans cet endroit qu'elle attendra l'apaisement. Le sien, mais aussi celui de ceux qu'elle a quitté... Et elle pourra rejoindre le paradis, celui où sont déjà toutes celles que Harvey a tué... Un monde merveilleux de beauté, en interaction avec la vie, et avec ses sentiments (j'ai trouvé la scène des bateaux superbe de poésie)...

Ces trois mondes sont imbriqués dans cette histoire, et l'on passe constamment de l'un à l'autre, pour avancer vers l'apaisement justement. Et de là une certaine poésie, des images belles et légères comme des plumes, ou prenantes et stressantes (une lame de plancher dans les doigts de Lindsay, un champ de maïs la nuit)...

J'ai aimé ce film pour tout cela. C'est un aspect différent que Peter Jackson nous montre ici, qui complète sa filmographie et n'y fait pas tâche du tout. Je pense qu'on aime ou que l'on déteste, mais pour moi, c'est un film trois étoiles.
Et un petit clin d'oeil au Seigneur des Anneaux (outre le caméo du réalisateur) : au début du film, quand Suzie est à la librairie du centre commercial avec sa grand-mère, une grande affiche annonce la sortie du livre de JRR Tolkien...