Ah... profiter d'un jour de grève pour...se réveiller à l'aube au son de "tu ne vas pas travailler maman aujourd'hui ?"

Et bien non, je suis en grève. Je ne suis pas une inconditionnelle des mouvements de grève, mais cette fois ci, je dois dire qu'il y a vraiment à mon goût des raisons de contester.

Pour ne parler que des RASED, qui sont en passe de disparaître, j'ai encore en mémoire la phrase de notre inspecteur, sur une note de rentrée si je me souviens bien, ou une autre note : "Le premier maître E, c'est chacun d'entre vous, dans vos classes"... Oui, bien sur... Mais nous ne sommes pas formés pour cela... Et comment s'occuper convenablement, comme il se doit, d'enfants en difficulté d'apprentissage pour de multiples raisons, dans une classe de 23, voir de 29 comme les CE2 de mon école cette année ? Comment faire face à une dyslexie, un handicap plus ou moins léger, des troubles épileptiques, des troubles du comportement, sans formation, sans temps, sans aide ? Sans parler d'une psy scolaire qui a un tel nombre d'école sous sa coupe, une telle surcharge de travail, qu'elle ne peut même plus rappeler quand on lui laisse un message urgent. La question se pose vraiment. Et encore, j'enseigne dans une école où il n'y a que très peu de problèmes de discipline.

Reste à conseiller aux parents de se faire aider à l'extérieur. Et quand ils ont la chance de pouvoir le faire, qu'ils trouvent une place pour un suivi, nous voilà avec des classes où un, deux, trois enfants partent chaque jour une heure, deux heures, une demi journée pour consulter pédopsy, ergotérapeuthe, psychomotricien...Pas toujours très simple à gérer, pour l'enseignant comme pour l'enfant.

Et pour conseiller les parents, il faut aussi pouvoir les rencontrer... Avec la suppression du samedi matin, et les heures de soutien en semaine, cela devient un vrai casse tête de les rencontrer. Sans compter les parents qui travaillent, qui peuvent difficilement dégager une heure de leur temps pour rencontrer l'enseignant de leur enfant. On va en finir à les joindre par téléphone. Mais dire à un parent, par téléphone, que leur enfant est en grande difficulté,en souffrance, qu'il faudrait consulter un psy... Non,  vraiment, je ne pense pas que cela doit se faire.

Bref, ce ne sont pas les seuls problèmes de l'éducation nationale, mais tout cela a de quoi inquiéter...